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![]() ![]() Enrichir la Hongrie
2007. juillet 6.
Interview2 1 mars 2006 Dr. Sándor Kürti, président de la SA KUERT a reçu le prix « Entrepreneur de l’Année » en 2004, et la même année, il a été également lauréat du prix Széchenyi. Sa compagnie, qui s’occupe de récupération de données et de technologie de la sécurité, bénéficie d’une bonne réputation mondiale, et les disques durs endommagés arrivent chez eux des quatre coins du monde. M. Kürti ne considère pas ces résultats comme uniquement les siens, car, selon lui, les succès sont dûs à une équipe. Nous avons discuté de l’histoire de la société, de la concurrence, et de la Hongrie qui peut être rendue plus riche. connect: Commençons par là où vous avez commencé à ce temps-là. Sándor Kürti : L’histoire est très typique. Je suis sûr que la plupart de la population adulte de la Hongrie d’alors a vécu des choses pareilles, surtout dans les villes. En Hongrie, la majorité de la population a travaillé chez des grandes entreprises, car c’était le seul choix. Une grande majorité des employés sont restés sans travail, parce que ces entreprises ont fait faillite, ce qui a résulté de la perte de leurs marchés et de milliers d’autres raisons. Le changement de régime, pour beaucoup d’adultes, n’était pas une période facile. Pour nous non plus. Nous n’étions pas flexibles, nous ne pouvions pas penser à changer notre lieu de travail tout soudainement. Nous voulions garder notre profession, nous sentions que le savoir acquis comportait une valeur. De plus, notre savoir était de haut niveau, étant donné que nous construisions des produits qui représentaient une technologie de haut de gamme. Nous fournissions surtout des outils informatiques et stratégiques, et surtout à l’Union Soviétique. connect: Outils stratégiques ? Nous avons pensé que KUERT était votre second lieu de travail... Sándor Kürti : D’un certain point de vue, je suis un intrus dans notre équipe, car j’ai travaillé précédemment à la raffinerie de Százhalombatta, tandis que notre équipe, qui est toujours ensemble, est venu chez KUERT de MOM, EMG et de KFKI. Chez le MOM (Centre Optique Hongrois), les outils fabriqués ont été exportés à l’Union Soviétique, et nous n’avons produit pratiquement que pour l’industrie de guerre. Chez EMG (Usine de Machines à Mesurer Electroniques) ils ont « hungarisé » les ordinateurs achetés de la France. Contrairement aux rumeurs, ce n’étaient pas des outils informatiques volés, mais les produits du constucteur d’ordinateurs s’appelant CII, achetés par la Hongrie et vendus sous le nom de R10 dans les pays de l’Est. Ceux qui ont travaillé avec le support de stockage magnétique de cet ordinateur, travaillent aujourd’hui chez KUERT, comme mon frère. Ils sont aux racines de KUERT. Moi, je les ai rejoint avant la fondation de KUERT, plus précisément, j’ai rejoint mon frère, après avoir être viré de la raffinerie (ou bien après l’avoir quittée, c’est une question de point de vue). connect: Est-ce que vous pourriez nous raconter les détails, ou faut-il plutôt les laisser tomber ? Sándor Kürti : En général, je m’y sentais très à l’aise, de plus, c’est la raffinerie qui s’est chargée de mes études, de mes diplômes, même mon grade de docteur est dû à la raffinerie. En fait, j’ai fini mes études en 71, et j’ai commencé à travailler à la raffinerie. Par ailleurs, je me sentais bien, puisque je pouvais faire exactement ce que j’avais appris. connect: Quel était votre devoir ? Sándor Kürti : Contrôle informatique des processus. C’est-à-dire, ma tâche était d’établir un système de contrôle informatique pour les différentes parties de la raffinerie. Nous les avons équipé des outils de contrôle les plus modernes. En 1976, j’ai déjà participé à un projet gigantesque, un des plus beaux et des plus grands devoirs de ma vie. C’était l’automatisation de la production d’essence en Hongrie. Depuis que nous avons résolu ce problème, et jusqu’à nos jours, la totalité de l’essence est produite par un seul outil, à un seul endroit en Hongrie, et quand-même, nous n’avons jamais entendu parler de manque de carburant dans ce pays. C’est pourquoi j’ai vécu à Moscou pendant 2 ans, pour concevoir cette usine. Les Soviets nous ont procuré le modèle mathématique, moi, je l’ai programmé. L’histoire d’avoir été viré est le suivant : un directeur de la société a pris en grippe un de ses subordonnés, qui était mon chef. J’avais une très bonne relation avec lui, en plus, je l’ai respecté beaucoup, car il était un très bon chef et un très bon expert. En avril 1985, un très beau matin de printemps, je suis allé au travail comme tous les jours depuis des années. Quand je suis arrivé, on m’a convoqué à un entretien et on m’a demandé de parler de ses affaires de corruption. J’ai commencé par affirmer non seulement que je ne savais rien, mais que ces affaires n’existaient pas. Nous étions dans une relation directe, j’en aurais répondu comme de moi-même. « Mais si vous avez des doutes concernant ce que je viens de vous dire, remettez-moi mon livret de travail », j’ai dit. Et ils ont répondu, « voici votre livret de travail ». (Il rigole). C’était si simple que ça. Pendant six mois, je vivotais sans travail, puis mon frère m’a employé dans sa « Communauté de Travail », pour me sauver de la famine, puisque j’avais déjà une femme et un enfant. En 1989, le mircale, ou le cauchemar (je ne sais pas, comment l’appeler), est arrivé : le changement de régime. Le miracle était que la nouvelle loi économique a paru, en rendant possible la fondation d’une entreprise privée légalement et assez simplement. Le cauchemar était que nos grandes entreprises ont fait faillite. L’Etat Hongrois avait un projet fabuleux, qui consistait à créer un centre de production d’outils électroniques de haut de gamme. Ils ont bâti une installation énorme et merveilleuse dans l’Institut Central de la Recherche Physique, un lieu dit « espace propre », qui aurait été capable d’accueillir la production de disques durs, comme les installations similaires d’autres pays. Mais ce projet aussi a été anéanti par le changement de régime, il n’y avait pas suffisamment d’argent pour cela, et son seul résultat était de donner un savoir-faire à ceux qui travaillent actuellement chez KUERT. Ceci est important seulement parce que notre savoir ne vient pas de n’importe où, nous ne venons pas de n’importe où. Notre histoire n’est pas une histoire de bonne chance, c’est notre arrière-plan scientifique qui nous a aidé à émerger dans un domaine qui est si bien apprécié de nos jours. La récupération de données ne veut pas dire que je sauve uniquement des données à partir de supports modernes. Ce n’est pas intéressant pour le client. Par exemple, il y a quelques jours, on nous a envoyé le support de stockage d’une imprimante japonaise de 18 ans. On n’a pu la réparer nulle part, il n’existe aucun endroit au monde, même au Japon, qui s’en occuperait. De ce point de vue, nous avons de la chance, car notre savoir d’autrefois peut toujours être vendu. connect: Cela veut dire que vous êtes capables de réparer les anciens supports de stockage, parce que vous avez déjà connu leur structure à ce temps-là ? Sándor Kürti : Oui, surtout que nous avons beaucoup plus de facilités d’apprendre le fonctionnement des choses modernes en connaissant les anciens outils magnétiques et supports, que ceux qui « tombent » dans la technologie moderne sans aucun savoir préalable. A la fin des années 80 et au début des années 90, ces supports merveilleux étaient composés de parties que l’on pourrait acheter dans les magasins. Aujourd’hui c’est complètement différent, tout est stocké sur une puce spéciale, qui ne permet pas de restaurer les données, mais si quelqu’un connaît les circuits électriques originaux, il peut modeler le tout. Il n’était pas facile d’apprendre l’origine de ces problèmes. Aux années 90, nous n’avons pas obtenu des informations des constructeurs. Aujourd’hui, nous les obtenons, mais il faut les payer. Quand les frontières ont été abolies en 1990, nous avons beaucoup voyagé, nous avons présenté de belles histoires émouvantes aux centres de production des disques durs en Allemagne, et nous avons demandé leur aide. Nous les avons dit : « nous avons besoin de ces informations relatives aux outils de technologie de pointe, car vous voulez que vos compatriotes traversent nos frontières ». Et nous avons obtenu ces informations, ce qu’ils ont beaucoup regretté après. (Il rigole.) connect: Est-ce la raison pour laquelle en Europe Occidentale et aux autres coins du monde KUERT est plus reconnue, plus réputée qu’en Hongrie ? Sándor Kürti : Une partie de nos activités est de limiter au minimum les dégâts causés par un désastre informatique. En Hongrie, aucun énorme désastre ne peut arriver, en absence de grandes valeurs. Nous n’avons pas d’usines ou banques de dimension gigantesque. Quand KUERT résout un problème, cela paraît dans le Wall Street Journal (comme en mars dernier), et tout cela, parce que nous avons sauvé quelque chose qui leur comporte une grande valeur, mais qui ne semble pas si précieux d’ici. Nous recevons des tâches qui ne peuvent être accomplies par personne d’autre. connect: Pourquoi ne peuvent-ils pas le faire ? Sándor Kürti : Pour plusieurs raisons, mais cela n’a rien à voir avec le « miracle de l’esprit hongrois ». Je suis décidément contre cette sorte de fausses explications. La différence peut être mesurée objectivement. Un de ces composants est la persévérance : si vous tondez et arrosez la pelouse pendant cent ans, vous pourrez y jouer au tennis et l’herbe ne sortira pas de sa place en noeuds. Nous menons notre activité en 8-10 heures par jour, depuis les années 80. Ce qui ferait la même chose, aurait les même résultats. Heureusement, les autres ne pensent pas de cette manière. Il est très difficile d’entrer dans ce cercle, car cela exige un très haut niveau de connaissances déjà au début pour ceux qui viennent d’en bas. D’en haut, personne ne veut entrer, car du côté constructeur – il n’y en a que cinq – les affaires sont d’une importance mesurable en milliards. Nos affaires sont mesurables seulement en millions de dollars, ce qui est considérablement inférieur à leur échelle, c’est pourquoi ils ne nous attaquent pas. D’ailleurs, il faut être très conséquent dans ce domaine d’affaires, pour fournir exactement les mêmes services et les mêmes techniques à tous les clients. Nous devons être standardisés, car s’il arrivait que nous n’offrons pas les mêmes prestations à des différents clients, cela pourrait engendrer une faillite spectaculaire. Il ne reste pas beaucoup de place pour improviser, notre activité requiert un système et des standards, ce qui n’est pas trop proche de la mentalité hongroise. De cet aspect, mes collègues font un grand sacrifice quand ils acceptent de réfléchir et de s’organiser dans un système, dans une culture de produtcion, où notre objectif est d’être premiers au monde. Il faut aussi mentionner qu’à l’arrière-plan, les externes nous jugent et nous disent, « c’est facile d’être assis au sommet ». Par contre, nous, à l’intérieur, nous nous voyons toujours en extrême urgence, nous perdons le rhytme, tout est en mouvement, tout le monde nous attaque, tout le monde est contre nous et c’est uniquement nous qui savons vraiment, quelle performance rend possible d’être assis au sommet pour un court temps. Mais nos concurrents ne veulent absoulment pas que nous soyons assis au sommet. connect: Cela veut dire que vous avez des concurrents ? Sándor Kürti : Evidemment ! Nous n’avons pas reçu un billet au monde sans concurrence... Ce travail est une épreuve chaque jour. Ce système a un millier de paramètres à surveiller, ils doivent exister des paramètres où nous ne sommes pas les meilleurs. Au total, nous sommes parvenus à créer de bons produits, un nom de marque, une bonne relation avec la presse, nous sommes parvenus à faire connaître et faire réputer notre nom à de nombreux endroits au monde. Le monde ne s’intéresse pas aux modalités de notre travail. Ils s’intéressent à voir leurs données sauvées en 3 jours, quand ils nous envoient un support d’une imprimante japonaise de 18 ans. connect: Vous avez mentionné la standardisation et le système, qui sont absolument nécessaires. Ceci est un peu contraire à l’image que nous percevons de vous et de la société : une image de sérénité naturelle, privée de toute contrainte. Est-ce conscient, ou cela vient de votre personnalité ? Sándor Kürti : Je ne planifie pas toutes les secondes de ma vie, ce n’est pas le cas. Il faut gérer cet activité, avec tout le stress, avec les limites temporelles, avec la nécessité de réussir sans faute, avec l’orientation dans des problèmes de dimension nanométrique ; ces choses-là consomment les énergies humaines de point de vue biologique. Il y a une question intéressante, qui n’est pas souvent posée chez nous. Sortir du manque de culture de production (je ne dis pas cela comme une offense, c’est notre mode de vie à laquelle nous nous sommes habitués), est très difficile, non seulement pour nous, mais pour tout le monde. Heureusement, beaucoup essaient d’en sortir actuellement en Hongrie. Nous connaissons le standard international, nous nous y adhérons, nous le suivons, mais au moment de sortir dans la rue, le « standard » change. Ceci n’est pas avantageux, car il faut décider, quel standard est à suivre ? Quand je sors d’ici, je suis l’acheteur dans le magasin, et quand je suis ici, je suis le vendeur. Mais je ne peux pas manifester la même attitude, car si nous ne pouvons pas remettre des teraoctets d’information en deux jours, le client ne viendra plus. En revanche, je dois aller au magasin tous les jours. En Hongrie, nous sommes habitués à recevoir des ordres du propriétaire étranger concernant notre éthique des affaires. Chez KUERT, tout est à l’envers. C’est nous qui disons aux filiales autrichienne et allemande, comment se comporter. Et nous rigolons beaucoup quand ils surestiment l’importance des caractéristiques locales... connect: Les changements auprès de KUERT ont poussé la nature de vos tâches vers la stratégie. Comment aimez-vous cela ? Vous sentez-vous mieux ? Sándor Kürti : Je me sens bien, j’aime la diversité. Pendant 15 ans, j’étais le chef numéro un de la société, mais depuis un an, ce n’est plus moi, mais M. József Kmetty, qui est très professionnel. Il le fait tout autrement que moi, j’ai de la peine à ne pas intervenir, mais j’essaie. Il a un gros talent. Donc la réponse à votre question est que tout est bien comme ça. Pour atteindre cela, il a fallu faire de grands efforts de sa part, de la part de la société et de la direciton. Il a fallu rendre la société transparente, pour que la direction voie et comprenne l’intégrité de la société. Nous avons décidé de le faire en 1998, quand des Américains voulaient nous rejoindre, mais il se sont enfuis en disant qu’ils n’avaient jamais vu un chaos si grand que ça. Etant une société hongroise typique, nous considérions que la minimisation du paiement d’impôts peut amener au fonctionnement optimal de la société. Les Américains ne comprenaient pas du tout cette attitude. Avec du temps, nous nous sommes rendus compte que la transparence de la société et la maximalisation des revenus ou des résultats sont des objectifs beaucoup plus pertinents que la minimisation des impôts à payer. Bien sûr, il est possible de combiner les objectifs... connect: Est-ce que vous recevez des propositions d’acquisition de l’étranger ? Si oui, quelle est votre réaction ? Sándor Kürti : Nous sommes ouverts à tout. Actuellement, des analyses financières et de ressources humaines sont en cours chez nous. Nous voulons savoir si nous sommes assez forts pour conquérir le monde tout seuls, ou il est nécessaire de trouver des partenaires. Cela est devenu nécessaire car notre concurrent anglo-norvégien s’est adressé à nous en proposant une collaboration. Ce qui est intéressant car nous jouerions un rôle important dans cette coopération. Nous apporterions dans ce « mariage » quelques éléments dont ils ont vachement besoin. Mais nous ne voyons pas encore, que demander en échange. Nous pourrions répondre : « de l’argent ». Oui, ceci est aussi un paramètre à prendre en considération. L’essentiel est que nous apprenons beaucoup de ces négociations, et après, d’habitude, nous faisons ce que nous voulons. (Il rigole.) Vous avez demandé si on nous a déjà fait des propositions. Oui, on veut nous coucher dans son lit souvent, et nous voulons voir toujours avant l’acte, quelles sont les choses qu’on nous propose. Ils viennent nombreux en disant qu’ils sont intéressés par notre technologie (ventes et marketing également), mais ils ne veulent qu’une seule de nos deux jambes : la récupération de données. Mais nous n’avons pas que la récupération de données, mais aussi la protection de données, qui est en symbiose avec la première. Nous nous occupons de la prévention de désastres informatiques. Et, lors de la récupération, de la limitation des dégâts. C’est la vente en lots optimale, car nos clients vient nécessairement chez nous : parce qu’ils ont eu un désastre informatique, ou bien parce qu’ils n’en ont pas eu et ils ne veulent pas en avoir. C’est une affaire très bonne – nous avons pensé. Mais les Américains sont venus, et ils ont dit : « nous n’avons besoin que d’une de vos jambes : la récupération de données. C’est impossible, nous avons dit, vous n’êtes pas si bons à l’Outre-mer que nous entrions dans un mariage avec une seule jambe. Et nous étions très sages de ne pas être entrés, car ils ne pouvaient pas vivre « avec une seule jambe » : ils ont été acquisitionnés. En revanche, nous avons appris de ne pas avoir peur de changer de point de vue. Nous avons appris des Américains, qui avaient une centaine d’années d’expérience d’entreprise, qu’une société ne peut pas être fondée sur le non-paiement d’impôts. C’est à ce temps-là que nous nous sommes transformés en Société Anonyme, ce qui nous a coûté beaucoup, mais ce qui a valu la peine. A nous, au moins. connect: Racontez un peu sur vous-même ! Sándor Kürti : Il y a une chose très nouvelle et intéressante, qui me préoccupe depuis un certain temps. C’est que nous avons recu un tas de reconnaissances récemment, et il faudrait en tirer profit. Sándor Kürti n’est pas à vendre, mais quand-même... Comment pourrait-on utiliser la célébrité ? Etant entrepreneur, je parle souvent avec des gens qui pensent comme des entrepreneurs, et notre sujet le plus courant est la situation et l’avenir de la Hongrie, ce qui me passionne beaucoup. Nous sommes nombreux à poser de telles questions, et ceci est très bon, car l’image de la Riche Hongrie est en train de se former. Cela n’a aucun sens péjoratif. Nous voudrions être riches. Nous voudrions beaucoup d’argent ; oui, mais la richesse ne signifie pas seulement l’argent. Elle veut aussi dire que j’aime être sain, que j’aime avoir une culture riche, voire même un environnement riche. Il existe une réalité hongroise qui témoigne que nous sommes capables de produire de valeurs dans certains domaines – on le voit dans votre magazine entre autres. Il existe des gens qui ne sont pas seulement capables de consommer, mais aussi de produire des valeurs. De véritables valeurs, légalement, à un niveau mondial. Donc, la question se pose : peut-être nous pourrions nous asseoir et discuter : comment tu produis, pourquoi c’est bon pour moi, pour toi, pour tous ? C’est un problème social très sérieux de faire comprendre à une famille ou une entreprise qu’il n’est possible de partager que ce qui apparaît au côté revenus dans le procédé de production de valeurs. Ce qui représente le résultat du travail mené conformément aux lois. Il ne faut pas avoir une grande faculté d’abstraction pour voir que ceci est valable également pour la Hongrie. Nous devrions savoir où est l’endroit, où nous pouvons discuter de ces idées dans un environnement de communication tranquille. C’est la question qui me préoccupe, mais je ne peux pas y répondre – encore. Le grands groupes de la macroéconomie qui jouent un rôle principal dans l’enrichissement d’un pays, notamment la Hongrie, ne sont pas dans un très bon état. Ni à part, ni ensemble. Les groupes politiques se sont surestimés, ils sont venus à bout de l’Etat, ils ne laissent pas de la place aux organisations civiles, et ils se comportent comme un éléphant dans le magasin de porcelaine de l’économie. Si je devais exprimer la situation en nombres entre 0 et 100, 0 étant le pire, je dirais que notre groupe économique a 63 points, notre groupe politique en a 19, l’Etat a 11, les organisations civiles ont 9, et la capacité de collaborer de tous ces groupes recevrait 5 points au maximum. Je pourrais l’expliquer de plusieurs aspects, mais l’essentiel est de voir que nous ne sommes pas à zéro dans aucun domaine, néanmoins, nous pourrions faire beaucoup plus d’efforts pour notre économie. Par exemple en Amérique, c’est le terrain de golf qui sert de lieu de rencontre pour les représentants des groupes de la société, où ils peuvent discuter dans des circonstances agréables. Loin des médias. Ils se donnent l’occasion de réfléchir et de parler sur les procédés de production de valeurs de leur société, de leur pays. Quel serait l’endroit idéal pour cela chez nous ? Il se peut voir que ce n’est pas notre Parlement. Il s’est prostitué. Je ne crois pas aux approches négatives, comme le suivant : « luttons contre la pauvreté ». Ceci n’a pas de ressources. Nous pouvons lutter contre la pauvreté seulement en ayant de l’argent, mais pour cela, il faut devenir riches. Une fois nous avons de l’argent, le problème sera de le bien gérer. Mais c’est un problème beaucoup moins grave que la pauvreté. Quand vous êtes marchand de légumes, vous ne sortez pas dans la rue en disant : « Je ne vends que des légumes pourris ». Pourtant, quand nous essayons de « vendre la Hongrie », combien de fois agissons-nous comme ça ? Je ne pense pas que cette comparaison est fautive : si nous voulons rendre ce pays compétitif, il faut mettre de beaux légumes sur le comptoir, et nous ne pouvons pas dire des bêtises. Personne n’achètera notre produit si nous le dénigrons, même si le nom du produit est Hongrie, avec ses eaux thermales, son hospitalité et toutes ses autres caractéristiques exceptionnelles. Bref, ce sont les idées compliquées qui me reviennent en tant qu’à un individu, quand je pense de mon rôle dans la société et dans la microéconomie. |


